FailCon : savoir gérer une levée de fonds… et son échec

Au cours de la conférence de l’échec, la FailCon, qui se tient toute la journée sur le campus Microsoft, deux entrepreneurs et une associée d’un fonds d’investissement sont revenus sur la difficile étape de la levée de fonds. Comment lever, comment ne pas lever, et surtout… comment gérer l’échec, thème central de cette journée.

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Comment gérer une levée de fonds ? Comment connaître les risques, réussir, et surtout – c’est bien là l’objet de cette FailCon française – comment gérer l’échec ? Ce sont quelques questions auxquelles ont tenté de répondre pendant une petite heure deux entrepreneurs et une représentante du fonds Eleaia Partners à la Conférence de l’échec française, qui se tient toute la journée sur le campus Microsoft à Issy-les-Moulineaux, en banlieue parisienne.

Avec une question centrale, d’abord : une fois l’erreur faite, une fois l’échec connu, les fonds d’investissement vont-ils encore accepter de parier sur un entrepreneur ? Il semblerait bien que oui, si l’on en croit les intervenants de la conférence. Petit paradoxe : les fonds d’investissement seraient même plus enclins à investir dans une entreprise dont les dirigeants ont déjà eu une expérience malheureuse par le passé.

Marie Ekeland, d’Eleaia Partners, tempère légèrement cette approche toutefois : « Ce qui est vraiment intéressant quand deux entrepreneurs qui ont connu un échec viennent nous voir, c’est leur approche de cet échec : admettent-ils s’être trompés la première fois ? Sont-ils capables d’analyser leurs erreurs ou rejettent-ils la faute sur les autres, y compris sur les investisseurs ? Ont-ils traité tout le monde de manière juste, et ont-ils fait tout ce qu’ils ont pu ? »

Si ces critères sont remplis, l’échec serait donc plutôt positif, étant l’un des meilleurs moyens d’apprendre. Marc Rougier, de Scoop.it, va même plus loin, puisqu’il explique n’avoir pas réussi à lever de l’argent pour une entreprise précédente, pour la raison justement qu’il n’avait pas su raconter quel était son plus gros échec en tant qu’entrepreneur. Marie Ekeland confirme, qui juge que les investisseurs « demandent toujours aux entrepreneurs de raconter leur histoire, ce qui les meut, ce qui les fait aller de l’avant. »

Des histoires de ratés, il y en a à peu près autant que d’entrepreneurs, si l’on se fie aux quelques échanges qui ont eu lieu après la conférence. Mais sur scène, Jean-Marc Plueger, PDG de Yasound et ancien fondateur de Jiwa, raconte celle d’une levée de fonds manquée. « Nous avons fermé Jiwa en 2010 parce que nous n’avions pas su lever les deux à quatre millions de dollars que nous cherchions. Nous avons vu douze à quinze fonds d’investissement en France. Ce que nous en avons appris, c’est que nous n’étions pas assez préparé. Il faut avoir tous les détails, un plan de développement solide, et être prêt à répondre à toutes les questions qu’on pourra nous poser. » Avant d’ajouter, comme une mise en garde : « Le monde des investisseurs est petit. Ils se connaissent, se parlent, et quelques mauvaises présentations peuvent coûter très cher au final. »

Pour Marc Rougier, l’expérience a été à peu près inverse : son ancienne entreprise avait levé… trop d’argent, selon lui. « Nous avons échoué car nous avions levé 9 millions d’euros, et que nous ne pouvions pas avoir les ambitions qui allaient avec. Nous avions beau être impliqués et aimer le produit, nous avons dû aller vers autre chose, un autre produit, qui a donné naissance à Scoop.it. » S’il admet que le concept de levée de fonds trop importante est « difficile à accepter », Marc Rougier n’en démord pas : « Il ne faut pas lever trop d’argent, il faut avoir juste ce dont on a besoin, pour avancer étape par étape. » Confirmation de Marie Ekeland : « Le sur-financement est une cause d’échec à ne pas négliger. »

La solution quand on est une jeune startup, et qu’il s’agit de ne pas se laisser griser par de l’argent en masse ? « Chercher de l’argent des business angels, selon Marc Rougier. Et ne pas chercher que leur argent, mais aussi leur expérience. Un business angel intelligent va vous donner de l’argent intelligent, avec des recommandations, des contacts, etc. Les bons business angels peuvent être une excellente première étape pour aller ensuite voir les fonds d’investissement. »

Source : clubic.com

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